A un peu plus d’une semaine du décollage pour l’Indonésie, le moment est venu de vous en dire un peu plus sur le Bali Hope Ultra Marathon et l’homme qui l’a lancé. Du coup, j’ai skypé avec Tom Hickman, qui est venu à Bali en 2014 pour des vacances de deux mois et qui n’est jamais reparti. Voici ce qu’il avait à dire.

Premiers pas

Je pense que ma carrière de coureur a atteint son apogée à l’âge de 12 ans. Je gagnais des courses de cross-country à l’école, mais j’ai plus ou moins abandonné à 15 ou 16 ans. J’ai fait le marathon de Londres en 2003, mais pas grand chose d’autre.

J’ai recommencé à courir quand je suis arrivé à Bali en 2016, simplement pour mon bien-être. Mais j’ai vite compris que je voulais courir avec un but, alors j’ai commencé à le faire pour des œuvres caritatives.

Courir pour quelqu’un d’autre

En mai 2017, j’ai couru 30 kilomètres avec un ami pour récolter de l’argent pour quelqu’un qui s’était brisé la nuque. J’en ai récolté un peu et c’était agréable, j’ai vraiment apprécié le sentiment de courir pour quelqu’un d’autre. Mais je me suis dit que 30 kilomètres ce n’était pas grand chose, alors j’ai eu la folle idée d’essayer de traverser Bali histoire de récolter beaucoup plus d’argent pour une œuvres caritative afin de rendre quelque chose à l’île.

La Bali Children Foundation

J’avais un restaurant à Ubud avec quelques amis et l’organisation de l’un de nos habitués était associée à la Bali Children Foundation. Il avait entendu parler de ma course et a pensé que ce serait un excellent choix d’association à soutenir.

Ensuite, j’ai rencontré la fondatrice, l’australienne Margaret Barry, et j’ai vraiment été impressionné par son travail. C’est petit, mais ça a un impact très important sur la vie de nombreuses personnes. Le choix était facile.

La première tentative

J’ai eu l’idée de la course en mai 2017 et je l’ai tenté au mois d’août.

J’ai décidé de courir seul, probablement car je ne voulais pas que quiconque vois à quelle vitesse j’allais, vu que je n’étais pas très en forme suite à quelques blessures. Mais, j’avais dit à tout le monde que j’allais courir à une certaine date et je me suis dis que je devais m’y tenir.

Qu’est-ce que je fais?

J’ai décidé de courir la nuit car il fait moins chaud et il y a moins de circulation.

La première partie de la course c’est de la montée, il faut grimper environ 1500 mètres sur les 20 premiers kilomètres. C’était assez effrayant, car au milieu de la nuit, le sommet de Bali est vide et froid. Je me souviens d’y être arrivé et de m’être demandé “Qu’est-ce que je fais? Il me reste 56 km à courir, je suis épuisé et je suis seul.”

Mais en même temps, les dons arrivaient. Je partageais mon progrès sur les réseaux sociaux et chaque fois que je recevais un don, mon téléphone vibrait. C’était excitant, j’ai commencé la course avec environ 3000 dollars, mais j’en avais 8000 à la fin de la nuit.

Mauvais esprits et chiens errants

J’ai eu une expérience très étrange lors de cette première tentative.

J’avais un véhicule de soutien avec moi et à un moment donné, je me suis arrêté pour me reposer. J’ai enlevé mes chaussures et massé mon genou, mais quand je me suis relevé pour me remettre à courir, une des chaussures avait disparu.

Les Balinais étant très superstitieux, mon équipe de soutien a pensé qu’un fantôme avait volé ma chaussure, un mauvais esprit. C’était un peu effrayant, mais moi je crois plutôt que c’était un chien.

Faire une différence

Pour finir, j’ai dû emprunter une chaussure à une femme de mon équipe et couper l’avant puisqu’elle était trop petite. C’était un désastre et j’ai vraiment commencé à me blesser, alors je n’ai pas tout à fait terminé la course.

Je me sentais humilié à l’époque, mais en même temps, j’ai atteint mon objectif de 10 000 dollars pour finir, alors je savais que j’avais fait une différence. J’avais l’impression d’avoir accompli un véritable exploit, même si la tentative n’a pas abouti.

S’agrandir

Ça m’a inspiré et j’ai voulu amener des athlètes plus sérieux à Bali l’année suivante, du coup j’ai appelé Samantha Gash, la célèbre coureuse d’ultra marathons qui a traversé l’Inde. J’espérais la faire venir avec dix ou quinze autres coureurs pour récolter 100 000 dollars, ce que nous avons fait en mai 2018.

Cette année, c’est encore plus gros, ce qui est vraiment cool. C’est un projet très gratifiant.

Bénédiction

Le meilleur conseil que je puisse donner pour la course est d’éviter les mauvais esprits. Nous avons donc désormais un prêtre balinais qui fait une cérémonie de bénédiction avec tous les coureurs avant le départ. Nous l’avons fait l’année dernière et ça a marché, puisque personne n’a perdu de chaussure.

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