En février 2019, on entrait dans la dernière ligne droite avant le tournage balinais. A 3 mois du départ il restait encore de nombreuses choses à faire mais l’excitation commençait déjà à monter.
Un an plus tard, j’ai demandé à toute l’équipe de partager un souvenir particulièrement marquant du voyage inoubliable qui allait suivre. 

Ariane

Pour commencer, c’est notre coureuse qui se prête au jeu avec un moment qu’elle a vécu seule: les quelques heures avant la course.

J’étais tellement impatiente, excitée et effrayée par la course qui m’attendait que je me suis réveillée à sept heures du matin et que je n’ai pas réussi à me rendormir de la journée. Ça me stressait un peu de me dire que j’allais faire plus de 24 heures sans dormir mais voila, c’est comme ça.

Du coup, je tergiversait dans mon lit deux heures avant la course et la question que je me posais était de savoir quelles chaussures j’allais mettre pour courir. J’avais 3 paires de chaussures de route et je n’arrivais pas à décider laquelle mettre. Chacune avait ses avantages et ses défauts mais je n’avais pas eu beaucoup de temps pour les tester à cause d’une blessure juste avant Bali. Du coup je regardais mes chaussures et je me disais “Ben il faut choisir”. Ça me fait rire de me dire que 3 heures avant ma course je ne savais pas quoi mettre aux pieds, j’avais fait grand maximum 50 kilomètres avec chaque paire.

Au final, je crois que j’ai fait le bon choix mais c’était vraiment limite.

Sinon, une heure avant la course, j’ai écouté un message vocal que des amis m’avaient fait et c’était super chou : ils m’annonçaient qu’ils allaient être parents. C’était hyper touchant, très beau et très motivant.

3, 2, 1, top!

Nicolas

Le réalisateur évoque l’émotion autour du départ de la course.

Des moments marquants, il y en a eu plein ! Mais au final, je crois que celui qui me reste le plus en tête c’est le moment du départ de la course. Je me suis complètement fait avoir par mes émotions quelques secondes avant le top départ.

On était toute l’équipe dans le van, prêts à partir et j’ai voulu faire un petit speech… après deux mots, j’avais la gorge complètement prise, j’avais de la peine à respirer et surtout à m’exprimer. C’était fou, je m’y attendais pas mais j’étais super ému. Je pense que de me dire que ça y était, on allait enfin prendre ce départ pour lequel on avait bossé à fond m’a vraiment noué le ventre. Du coup j’ai ajouté trois mots à mon discours et il s’est terminé comme il a commencé : de manière un peu bancale haha.

Heureusement pour moi on a tout d’un coup entendu le speaker qui faisait le décompte de 10 à 0. On allume le moteur du minibus, celui de la caméra et du son et c’est parti. Plus le temps de penser aux émotions, faut attaquer ! Les coureurs nous rattrapent, on dit au chauffeur « plus vite, plus vite !! ». On est parti comme ça, un peu speed, pour presque neuf heures de courses.

Laurent

Le chef opérateur se souvient de ce qui est arrivé un peu plus d’une heure plus tard.

Quand on a commencé a grimper avec la bagnole, moi j’étais à fond dans le matos : le cadre, le point et tout. Ariane était en face et toi (ndlr: moi) à côté à me passer des batteries. Tout d’un coup je t’ai regardé et je t’ai demandé où étaient les autres et te m’as répondu qu’Ariane était devant. J’avais pas du tout réalisé qu’elle était en tête.

A la fin de la course, j’ai parlé avec le coureur que l’on surnommait Marathon Man (car une fois il a couru 50 marathons en 50 jours) et il m’a admis qu’il pensait que c’était fini quand il a appris qu’Ariane avait 20 minutes d’avance sur lui après la première montée. Elle allait simplement trop vite selon lui.

Alexandra

Alors que toute l’équipe de tournage était entassé dans un minibus, la maman d’Ariane et Nicolas était dans une voiture suiveuse.

La course était évidemment l’un des moments les plus forts, surtout dans cette ambiance nocturne avec les aboiements des chiens et les bruits de la forêt, surtout que ces bruits nous étaient inconnus. Il y avait très peu de lumière, juste quelques villages éclairés par-ci par-là. Ça donnait une ambiance vraiment très particulière.

Quand la radio a annoncé qu’Ariane était en tête après le premier ravitaillement, c’était la surprise et une immense joie.

J’ai aussi beaucoup apprécié toutes les rencontres avec la population locale. Les Balinais étaient extrêmement accueillants, souriants, serviables et toujours de bonne humeur. Kadek, notre chauffeur, nous a appris beaucoup de choses à travers des discussions qu’on a eu avec lui sur la vie des habitants, les traditions, la religion. C’était vraiment fascinant et c’est d’ailleurs devenu un ami.

Quand on a visité les écoles que l’on soutenait, les gens de la montagne étaient aussi très sympa. On a pu échanger, rigoler et se comprendre, même sans parler la même langue.

84 kilomètres plus tard…

Joey (moi)

Personnellement, j’ai trouvé le moment passé à l’arrivée de la course plutôt merveilleux.

Peu avant 5 heure du matin on est arrivé tout au sud de Bali avec une petite demi-heure d’avance sur Ariane, préférant la laisser terminer sa course seule avec elle-même.

L’émotion était palpable parmi la bonne centaine d’accompagnateurs et d’organisateurs qui attendaient impatiemment les premiers coureurs.

Après presque 9 heures entassés dans notre van, c’était fabuleux de revoir la mer alors que le soleil s’apprêtait à se lever. Après des mois de travail on était au moment clé de l’aventure, on avait réussi ce pari fou lancé par Nicolas huit mois auparavant.

Quand Ariane a franchi la ligne d’arrivée, c’était un véritable bonheur de le voir serrer sa petite soeur épuisée dans ses bras.

Ariane retrouve Nicolas.

Igor

Le responsable son, à pour sa part eu un souci technique pendant le tournage. Lors d’un moment de stress quand on tournait en mode “profil bas”, les antennes de ses micros sans fil se sont cassées. Ça a donné lieu à un petit épisode de MacGyver.

Arrivé à Ubud (ndlr: quelques jours après la course), on avait quelques jours off alors j’ai trouvé un chauffeur de scooter et on est parti trouver un endroit où l’on pouvait faire de la soudure et réparer ces ****** d’antennes.

On a tourné dans toute la ville, avant de trouver un réparateur de télévisions qui pouvait me prêter un fer souder. A l’aide d’un vieux fil de cuivre, j’ai soudé ça comme j’ai pu et ça a marché! Heureusement d’ailleurs, sinon j’étais foutu.

Pas tout à fait InterDiscount…

Cécile

Si on a beaucoup bossé à Bali, il y a évidemment aussi eu des moments de détente. Notre responsable logistique, a d’ailleurs été particulièrement marqué par le monde marin qu’elle a découvert lors d’une excursion de snorkeling une semaine après la course.

Mon meilleur souvenir d’Indonésie je pense que c’est la visite de Némo et de tous ses amis poisson. C’était magnifique de découvrir cet univers si coloré avec ses habitants tous aussi originaux et extraordinaires les uns que les autres. J’ai particulièrement apprécié un poisson qui avait des rayures bleues ou violettes foncées, vertes et oranges; c’était vraiment impressionnant de voir toutes ces couleurs si pétantes sous la mer. C’est tout un univers à découvrir. 

Un autre bon souvenir c’est la nuit du départ quand on était tous dans la voiture et qu’on était devant le peloton des plus rapides, dont Ariane faisait partie, et qu’on entendait le bruit des pas de plusieurs coureurs sur le goudron. Peut-être que j’invente le bruit des pas mais après quelques centaines de mètres on était seuls dans la forêt avec Ariane.

Il y a eu plusieurs de ces moments où on voyait la lune qui se reflétait sur les feuilles des palmiers. On entendait aussi des bruits nocturnes complètement exotiques et inhabituels pour mes oreilles de petite Suissesse.

Cette course de nuit est un moment dont je me souviendrai longtemps, avec ces paysages tout à fait inhabituels et ces bruits tout aussi inattendus d’oiseaux et de nature.

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